Myrkur @Motocultor 2018

Nous sommes vendredi et il est 22h20 lorsque Myrkur  foule les planches de la Massey Ferguscène dans une ambiance folklorique et paganiste. Lumières vertes, décors écru presque naîf accueillent Amalie Brunn enveloppée dans l'obscurité qui la qualifie. 

 

Sous la grande tente soudainement devenue aphone s'élève les complaintes lyriques et spectaculaires de la compositrice dannoise. Au second plan, comme noyés dans l'aura brumeuse qui se dégage de la scène, les musiciens s'exercent, concentrés et assurés bien que quelque peu absorbés par la présence hors norme de leur chanteuse. Cette dernière récite ses titres infailliblement, oscillant entre noirceur et lumière. Amalie découvre et construit chaque morceau avec habilteté élevant note par note les mots avec une précision architecturale mystique. 

Détachée de sacape, Brunn devient lumière et dans un jeu de lumière bleu et vert Myrkur évoque Ulvinde, la femme-loup prisonnière de Norvège, celle faite de glace dans les sombres nuits de Elleskudt ou encore la sombre skøgen skulle dø...

 

La foule est admiratrice, silencieuse et rêveuse face à un groupe qui, malgré quelques soucis techniques pour lesquels ils s'excuseront, parvient à conter ses odysées nébuleuses d'univers en univers. Myrkur plonge son auditoire dans cinquante courtes minutes de périple à travers un black metal aérien, lyrique, atmosphérique maîtrisé et envoûtant qui ne saura provoquer que deux réactions, un amour total ou une haine profonde. A vous de choisir !

 

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