Get The Shot / Motocultor

1) Bonjour Get The Shot, merci de nous recevoir ! Vous êtes de retour en France pour le Motocultor Festival, comment s'est passé votre concert? 

JP : C'était incroyable, comme toujours ! Le premier concert qu'on a donné en Europe était en 2013 à La Roche Sur Yon dans un tout petit bar, un petit café. On a sillonné les quatres coins, on a joué dans des squat, on a fait des ptis bleds, alors en arrivant au Motocultor comme ça un dimanche midi à la fin d'un festival, un lendemain de pluie torentiel, de voir un tel accueil ça m'a donné la chair de poule, les larmes aux yeux, c'était vraiment incroyable ! 

 

2) Pour parler un petit peu de votre actu, l'année dernière vous avez joué au Hellfest donné quelques interviews durant lesquelles vous avez émis l'hypothèse de travailler prochainement sur de nouveaux titres. Est-ce toujours d'actualité ? 

JP : On est présentement entrain de terminer d'écrire notre nouvel album, on rentre en studio à la fin de l'année, donc on prévoit une sortie prochaine de toute façon vous verez ça passer ! Il faut s'attendre à un Get The Shot encore plus lourd que ce qu'on a fait auparavent. Quelque chose d'assez dense, on essaye d'explorer tout le temps, de ne jamais refaire le même album deux fois. On prend le temps de composer plus de titres même si ils terminent à la poubelle. Des fois on va jouer des morceaux rafistolés un peu par-ci par-là, on prend le temps d'explorer des avenues qu'on aurait pas forcément fait avant, de ralentir des tempos, des fois tuner un peu plus grave, on essaye de vraiment varier et pour l'instant ça tend à prouver qu'on essaye de faire un nouveau Get The Shot. Alors ça va rester du Get The Shot mais un peu plus lourd, un peu plus pesant. 

Vous avez donc l'intention de développer d'avantage cette veine "metal" à laquelle on vous apparante depuis le dernier album? 

JP : Elle était déjà bien assumée sur le dernier album on savait qu'on voulait aller vers quelque chose d'un petit peu plus metal mais en restant un band hardcore parce que ça reste un groupe hardcore avec des influences plus variées. Pour ce qui s'en vient c'est sur qu'on dénaturera pas le son, ça va rester un espèce de Get The Shot hardcore metal mais là nos influences death vont paraître un petit peu plus. Get The Shot restera toujours quelque chose d'hybride tu vois, un band hardcore avec des influences metal et pas juste un band metal parce que derrière il y a cette éthique, il y a ces valeures qui nous sont chères et qu'on veut préserver et qu'on veut qu'elles transparaissent. 

 

3) Cela répond du coup un peu à ma question suivante car effectivement on vous sait extrêmement critique, autonomes et impliqués dans cette scène hardcore. Cela ne représentait-il pas une prise de risque que d'assumer cette étiquette liée à une scène moins stricte, avec de plus grosses productions, de plus grosses entreprises, etc... ? 

JP : Je pense qu'il y aura toujours effectivement quelqu'un pour te dire ça ! Tu sais quand tu commences à évoluer, à grandir, et qu'il y a quelqu'un qui vient te dire "oh je m'ennuie de telle époque, de tel album, etc...". En 2009 ou 2010 quand on a commencé, premièrement la majorité de ces gens n'y étaient pas. Il y avait quinze personnes à nos concerts, c'était une petite valise, un petit milieu, alors oui certains vont nous reprocher de vouloir changer le son, d'évoluer, de continuer, mais l'éthique reste la même, on est les mêmes cinq personnes. Mais personnellement je n'ai aucunement l'impression de dénaturer le groupe qu'on a fondé il ya 10 ans. J'ai aucunement ce sentiment de vendu, on reste un groupe D.I.Y. La seule différence c'est que la famille Get The Shot au départ on était 5 personnes et aujourd'hui elle s'est agrandit un peu. On a des gens qui nous aident, qui nous facilitent un peu les choses, qui nous aident à joindre plus de monde parce que même si esthétiquement le son a évolué, le fond est resté le même quand même. On est pas et on sera jamais autre chose qu'un band hardcore. Je pense que c'est normal aussi qu'un groupe gagne en maturité esthétique et musicale, c'est normal et c'est souhaitable aussi dans la mesure ou personnellement je ne veux pas être comme certains groupes hardcore qui perdurent pendant 20 ans et puis qui ressortent le même album aux deux ans. Ca je vois pas l'intérêt de faire ça non plus. Après ça, pour le reste, pour moi Get The Shot est aussi intègre qu'il l'était y a 10 ans parce que c'est les même valeures. On défend les mêmes idéaux, on mène les mêmes combats et puis au final on a oui certes de plus grosses équipes qui nous donnent de plus gros coups de mains mais c'est nous qui restons les maîtres de ce qu'on créé, de ce qu'on produit et de la manière dont on le fait, on laisse personne choisir à notre place.

 

4) A l'inverse pour répondre un peu à ces idées reçues sur votre évolution, est-ce qu'on ne peut pas même considérer que ces influences et cette ouverture d'esprit qui fait l'identité de Get The Shot et surtout qui a permis d'avancer jusqu'ici et de jouer aujourd'hui sur des festivals tels que le Motocultor ? 

JP : Oui, puis je pense que d'entrée de jeu quelqu'un qui aurait pas une certaine ouverture d'esprit n'aurait pas sa place dans le milieu hardcore. C'est la première des choses, deuxième des choses, faut pas se leurer non plus, aujourd'hui tous les groupes hardcore sont comme les groupes de metal des années 80, je veux dire qu'on aurait beau dire ce qu'on veut, je m'excuse faut regarder les gros groupes actuels, c'est tous les groupes qui ont tirés leurs influences de groupe death ou thrash metal des années 80. Donc cette espèce de séparation hardcore/metal est un peu factice au final. C'est un faux débat, ce qui différencie un band hardcore d'un band entre guillement strictement metal c'est l'éthique et les valeures qu'il y a en arrière. C'est ça cependant qui va changer la donne, après c'est vrai que esthétiquement ou artistiquement, pour moi la musique extrême c'est une seule et même famille et puis je pense qu'on s'entraide et qu'on se nourrit entre nous. 

Dany : Il y a un truc que je pense, fondamentalement, si on reste une petite communauté, on a un message, mais si je fais juste dire le même message à des gens qui ont déjà compris le message, est-ce qu'on fait pas juste se répéter la parole? Je trouve que c'est bien des fois d'avoir un peu de resistance, on sait que dans les gros festivals les gens aiment bien boire des bières, faire la fête et tout, et même si on a jamais été un band politique on a quand même un certain message d'unité qu'on essaie de passer. Si ça leur plaît, tant mieux ! Si ça les rejoint, si on est capable d'allumer une certaine flamme... Puis si ça leur plaît pas, tant pis et continue de boire des bières c'est correct ! Mais ça nous permet de joindre une plus grande portée à notre message en fait. J'adore autant faire des spectacles en salle que des gros festivals. 

Vous revenez d'ailleurs souvent sur cet aspect politique auquel vous ne voulez pas être apparentés. 

Jp : Oui et dès lors que ta musique devient une forme de prosélytisme politique, dès lors que tu instrumentalise ta musique à des fins politiques, ça devient un outils politique. Il y a des groupes qui le font et qui le font bien, je pense à Propagandi, ils le font hyper bien, mais ça a jamais été la raison pour laquelle on a fait Get The Shot, ce n'est pas un groupe politique au sens propre du terme. Bien sûr qu'on défend certaines valeures, on mène certains combats, ça se reflète dans certaines chansons mais notre musique n'a pas la prétention de changer le monde. Au mieux elle va peut-être éveiller l'esprit critique de certaines personnes qui vont ensuite s'informer pour se positionner sur certains enjeux, mais ça c'est le meixu qu'on puisse espérer. C'est pas un véhicule de trasnformation du monde. Je pense que ça reste assez illusoire de croire ça comme ça, cependant est-ce que ça peut éveiller des consciences? Oui et tant mieux si ça le fait ! Si ça ne le fait pas et que c'est simplement un exutoire pour l'agressivité de certaines personnes, tant mieux ! Si ça leur permet d'être de meilleurs citoyens à l'extérieur ou de vivre de meilleures vies et de contribuer à leur milieu, alors tant mieux ! Mais au final ça reste juste des musiques extrêmes... 

 

5) Yo aurait une question bête et débile à vous poser... A voir un show pareil, l'énergie débordante que vous avez -et qui est incroyable-, j'aimerai savoir combien de litres de café vous prenez avant, et combien de litres de gel douche vous utilisez après? 

JP : café zéro pour moi !

Dany : Moi énormement de café ! Je célèbre mon deuxième anniversaire de sobriété cette année, je ne bois plus d'alcool, je ne fume plus de cigarettes, mais je bois beaucoup beaucoup de café. Pour calculer en tasses, je dois boire au moins... 6 à 10 tasses par jour ! Et puis ensuite le gel douche, pas tant que ça (rires) ! 

JP : On essaie de rester écologiques ! Pas beaucoup mais suffisamment vous inquiétez-pas !

 

6) Avant de conclure est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? 

Dany: Et bien juste que nous sommes ravis d'être ici et que nous remercions toutes ces personnes qui nous supportent depuis toutes ces années. C'est notre 10ème anniversaire et puis je me souviens de ces premières discussions avec Jean-Philippe où on se demandait ce qu'on voulait faire, ce qu'on voulait atteindre, mais jamais jamais on aurait imaginé en arriver là, jouer dans des Hellfest ou des Motocultor, sur la scène principale de tels festivals donc on remercie vraiment tout le monde de l'intérêt que vous portez à notre groupe et on vous encourage à avoir des émissions de radio, de former des groupes, des assos, des fanzines, c'est vivant, c'est important ! 

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