5 Questions à... Voice Of Winter

Ce samedi 28 octobre avait lieu la toute première édition du Crossroad Fest organisé par Music-Records à Cholet (49). Pour l'occasion nous avons eu la chance de discuter avec les différents groupes à l'affiche, dont Voice Of Winter...

 

1/ On ne sait pas grand chose sur vous, si ce n'est que Hulk est un grand fan et que Satan vous attend dans son royaume.... Donc tout d'abord, pouvez-vous nous présenter rapidement le groupe?

 

Etienne : Ouais c'est vrai ça... C'est vrai ! Cher public applaudis très fort (car nous avions trouvé les citations de Hulk et Satan sur leur site internet). C'est un peu comme... Tu sais tu te souviens en primaire y avait cette meuf qui s'accrochait à toi sans que tu saches pourquoi juste parce que tu lui avais souris un jour...Bah voilà nous on est pareil [prend une voix aigue] « Ahhhh des gens qui nous parlent c'est des fans »... Heu.... Donc on est Voice Of Winter. Vas-y présentes-toi Fabrice à la basse.

Fabrice: Et bien Fabrice à la basse !

Erwann: Erwann, à la batterie.

Etienne: Etienne à la guitare. Et au... chant ?

Fabrice: Chant voilà c'est....

Etienne: Aux manifestations juvéniles d'un plaisir très adolescent.

 

2/ Comment avez-vous connu Music-Records ? Qu'est-ce que ça a changé / apporté au groupe?

 

Erwann: Heu... On jouait dans le métro... (rires) Valentin passait par là [coupé par Fabrice]...

Fabrice: Il nous a lancé une pièce !

Etienne: «Hey les tocards, j'ai un label pour les tocards vous viendez ? ». Ils ont enregistré d'autres tocards, les mecs de Psychoïd qui sont à côté [les têtes se tournent]. On parlait des groupes de tocards enregistrés chez Music-Records...

Intervention de Psychoïd: Ouais il y a nous !

Etienne: Non ça s'est fait par hasard en fait, c'était au lancement, tout lancement de Music-Records, ils cherchaient des groupes pour faire un CD Tribute à Motörhead après la mort du Sieur Kilmister. Valentin nous a envoyé un message sur notre page facebook, ce à quoi on lui a répondu « bah écoutes t'es gentil mais on est entrain d'enregistrer notre prochain album du coup on va pas avoir trop le temps ». Ah prochain album ? Et puis on s'est mis à discuter. Y a deux trucs qui ont été déterminant c'est que le contact est quand même relativement très très très bien passé humainement, et de deux après quand on a commencé à parler business, c'était ce qu'on recherchait exactement. Il y a pas eu à chercher très loin pour signer cet album là. De base il y a un truc qu'on tenait absolument à avoir pour cet album et qu'on pouvait pas avoir par nous même -difficilement du moins- c'est qu'on voulait absolument un livret bien chiadé. On avait déjà tout qui était prévu pour le livret c'est ma compagne qui devait le dessiner parce qu'on voulait un truc qui avait vraiment de la gueule : un digipack avec un vrai livret huit pages, du full couleur, de la bonne qualité, etc...Si on l'avait sorti tout seul ça nous aurait coûté une blinde et on pouvait pas. Le label, ça il pouvait nous le prendre en charge et il nous suivait sur ce projet là. Rien que ça, d'entrée de jeu ça a été un bon deal.

Après, autre gros bon deal c'est que nous y a des trucs sur lesquels on est à chier : la communication, comme vous venez de le voir on tient à peu près trente secondes avant de partir en vrille, c'est compliqué de répondre et de tenir longtemps.... Tout l'aspect communication, promotion, le label s'en occupe mieux que nous. C'est à dire que nous typiquement si on veut promouvoir notre CD, le seul argument qu'on puisse dire par rapport à notre manière de voir les trucs c'est « bah écoutes... Si ça te plaît, c'est cool, ré-écoutes. Et si ça te plaît pas, bah écoutes autre chose ». Il y a plus vendeur je pense quand même comme argument...Alors que le label il va te dire « Ecoutes Voice Of Winter, c'est le meilleur groupe que t'as jamais entendu tu vois parce que.... ».

 

ça vous décharge d'un poids et ça vous permet de vous concentrer vraiment sur l'essentiel en quelque sorte?

 

Etienne: Ouais carrément...

Fabrice: Voilà, sur l'essentiel... La pêche... La pêche aux moules, ce genre de trucs...C'est vraiment ce genre de choses qu'on aime.

Etienne: Carrément ! Là on fait une interview, bon vous étiez là donc on est un peu coincés, normalement on avait prévu d'aller se cacher derrière l'église pour fumer des joints comme quand on avait quinze ans tu vois...

 

3/ Après votre signature avec Music-Records vous avez sorti votre deuxième album « Childhood Of Evil ». Est-ce que vous pouvez nous en dire quelques mots ? Pour ceux qui vous connaissent déjà, qu'est-ce qui est différent de « Devil Eats My Part »?

 

Erwann: En trois mots « Child Of Evil »

Etienne: « ChildHOOD » ça fait quatre syllabes.

Erwann: Oui Childhood ! Du coup ça fait « Childhood Of Evil ». Donc les trois mots sont dits. Après donc t'as la boîte qui est pas la même, la couleur tout ça... Les dessins aussi, tout ça... On m'a dit que les chansons n'étaient pas les mêmes aussi !

Etienne: Alors déjà c'est un peu un concept album... Déjà est-ce que tu visualises ce que c'est que la gravité quantique à boucles ? [Culture Extrême : « tu nous a perdu à gravité »] ça tombe bien parce que l'album ne parle absolument pas de ça... (rires). En fait il y a sept chansons et les sept chansons sont soit une histoire soit une réflexion particulière, c'est à dire que chaque chanson a vraiment un univers qui lui est propre, une thématique qui lui est propre etc... C'est ce qu'on voulait retranscrire dans l'album, d'où l'importance de l'artwork et ce genre de choses. Après ça a été cool à faire.

Fabrice: Ouais dans l'ensemble oui. Après si on devait le définir clairement, c'est pas « brutal » mais c'est pas « tendre » non plus. J'ai presque envie de dire c'est « écorché » en fait...

Etienne: Ouais c'est ça... Y a un côté premiers albums d'Opeth, mais version thrash metal, thrash death... Pendant un moment on s'est plus considéré comme un groupe de rock que comme un groupe de metal tu vois, c'est quand on s'est rendus compte que les mémés faisaient des cris d'orfraie dans la rue qu'on s'est dit qu'on faisait du metal. C'est là qu'on s'est rendus compte qu'on était plutôt « extrême » dans le metal... Enfin je sais pas, on reste des metalleux mais on est pas QUE ça, et ça se ressent un petit peu dans la musique de Voice Of Winter, dans ce qu'on a envie de faire, je saurais pas la définir je pense juste que c'est ce qu'on a envie de faire. La seule volonté manifeste à chaque fois c'est qu'on a pas envie de réécrire des chansons qu'on a déjà entendu. Après tu peux faire la musique la plus originale du monde, si elle emmerde tout le monde et toi le premier... On est quand même un groupe amateur il y a le facteur plaisir aussi qui est non négligeable. Tu vois ça fait des années qu'on joue ensemble, on est une famille, on passe du temps en dehors du groupes ensemble. Donc dans Voice Of Winter y a un facteur plaisir important. Le jour où un de nous trois n'y trouveras plus de plaisir on cherchera une solution et si jamais on en trouve pas on arrêtera le groupe car là, en l'état, il a plus lieu d'être sous une autre forme que celle-là.

 

4/ Ce disque est sorti l'année, il est efficace et complexe à la fois. Comment réagit le public en live ? Dans quel état d'esprit êtes-vous avant de monter sur scène?

 

Erwann: Je sais pas ils bougent pas. Ils nous regardent la bouche ouvertes et ils se demandent, bah ils font quoi eux ?

Etienne: C'est pas si faux, il y a un côté dubitatif dans le public, mais pas dubitatif négatif genre « c'est quoi ce truc » ou quoi que ce soit. Les gens sont attentifs, du genre « tiens c'est bizarre ça ».

Erwann: Il y a un questionnement, ils sont interpellés de ne pas pouvoir anticiper ce qui pourrait éventuellement se faire.

Etienne: Et puis c'est vrai qu'en plus de ça, même ceux qui connaissent l'album, on a tendance à ne pas jouer les chansons de la même manière en live... [coupé par Fabrice]

Fabrice: En dehors des pains, des ratés... On est d'accord hein !

Etienne: On est d'accord que de toute façon on dit bien « voir un concert », y a un côté spectacle. On est pas dans le grand guignol ou quoi que ce soit mais on a envie que les gens s'en prennent plein les oreilles et plein la gueule. En studio tu vas plus travailler le son, tu vas pas hésiter à ralentir le tempo à créer des atmosphères etc, en live si tu commences à faire des break planants de dix minutes tu vas juste perdre tout le monde, puis même toi tu vas te faire chier accessoirement. Donc c'est vrai qu'en live c'est configuration minimaliste , le plus simple possible, tu vois il y a un son de basse, la guitare y a une disto et un sampler et puis blast. On a tendance à jouer comme des porcs, bien bourrin et à jouer comme des porcs niveau tempo aussi. Et puis y a toujours le facteur plaisir, on fait pas non plus 200 concerts par an donc c'est marrant de se pointer en concert et de se réapproprier les chansons, se faire plaisir et se marrer des pains des autres.... C'est cool...

Fabrice: Ahahah tu t'es planté c'était marrant...

Etienne: Tu nous a paumé tu nous fais passer pour des cons...Tout le monde a détesté mais c'était très drôle !

 

5/Quels sont vos projets pour la suite?

 

Fabrice: De l'écriture encore et encore car on est déjà entrain de travailler sur de nouvelles compos, y a pas de timeline, on a pas vraiment prévu de se dire bon faut qu'on fasse absolument ça et que là à telle date on fait quelque chose, on enregistre ou pas. Mais on écrit en continue parce qu'on aime ça en fait !

Etienne: A la louche nous connaissant et au rythme où on va on devrait commencer à parler de studio au dernier trimestre 2018, donc prochain album en 2019, ça va 2019 c'est large.

Erwann: Disons qu'en objectif on se donne pas un objectif de temps, à cette date là on entre en studio, non. Quand les morceaux nous plaisent vraiment et qu'ils sont prêts, seulement là on se dit on va envisager l'enregistrement et se demander comment on va le faire. Donc c'est vraiment dans la démarche, mais l'objectif premier c'est vraiment le morceau. L'album c'est la finalité mais pas l'objectif premier.

Etienne: Et ça marche parce que un, on est amateurs donc on a pas de deadline, et deux, on procrastine pas trop, surtout sur la compo, donc on sait qu'on a pas besoin de se fixer de date, ça va aller relativement vite. On essaie de se fixer des dates sur d'autres projets, par exemple là on a un autre projet, un nouveau clip... du coup bah cette semaine on a profité de la tournée pour écrire le scénario, un truc un peu particulier, après les deadline sur un projet comme ça elles vont s'imposer d'elles-même parce que t'as la question de la disponibilité du lieu de tournage, la disponibilité du matériel, disponibilité des acteurs, etc... C'est « t'es disponible quand ? Là ? Bon bah c'est là ». Donc voilà pour les projets, un album qui viendra, un clip qui viendra...

Fabrice: Des dates aussi. Pas mal de nouvelles de prévues.

Etienne: C'est ça, puis après selon les envies d'autres conneries peut-être...

Ajouter un commentaire