5 Questions à ... Anthony Dubois

"Il ne s'agit pas d'être mainstream ou underground mais bien de faire ce qu'on aime sans avoir peur des regards extérieurs."

Et voilà nous sommes de retour pour un nouveau "5 questions à..." et  cette semaine, changement d'horizon ! La sphère extrême est large et variée, alors pourquoi se cantonner à des questions bateaux à différents ( talentueux ) groupes ? Alors cette semaine nous avons eu la chance d'aller faire nos curieux auprès d'Anthony Dubois, photographe d'exception !  

 

 

1/ Anthony Dubois, votre travail est complet, magasines ( Metal Hammer, Metal Obs, Horns Up, ... ), événements live, mais aussi photos promotionnelles ( Ibanez, divers groupes comme Carnal Lust, Kells, Dagoba, etc... ) -pour ne citer que ça-. On fait souvent appel à vous ( bien évidement pour votre talent ! ), mais peut-on y voir une certaine "réserve" des photographes à aller vers cette sphère qu'est la musique extrême ? 

Anthony :  En effet, beaucoup doivent penser qu'il est compliqué de travailler avec des groupes extrêmes qui laissent parfois penser que leurs idées ou leur mode de vie est extrême, c'est parfois vrai encore une fois attention aux amalgames. Et le reste, c'est à dire la presse ou les marques d'instruments, c'est ce qui vient après, peut-être que d'autres sont d'abord passés par la presse, mais de mon point de vue si on veut travailler dans ce milieu la base est la musique, alors comment savoir mettre en valeur une guitare si on ne sait pas comment mettre en avant le groupe qui l'utilise. Il ne s'agit pas que compréhension mais de ressenti aussi.
Beaucoup de photographes savent mettre en valeur une belle femme, et il peut paraitre plus complexe et intimidant de le faire avec 5 hommes barbus, c'est peut-être ce qui explique cette réserve.

 

2/ Vous avez réalisé de nombreux travaux à l'étranger ( NY, Stockholm, Montréal... ), quelles sont les différences qui ont pu affecter -plus ou moins directement- votre travail hors frontières ?

Anthony : La façon de travailler est souvent différente selon les pays, surtout sur le côté procédurier, certaines ne veulent pas contrats, il y voient là une forme d'insulte et de manque de confiance, d'autres au contraire voudront un contrat pour montrer le respect qu'ils ont pour votre travail, tout est une question de ressenti encore une fois. Et il faut faire attention à ce genre de choses pour ne pas paraitre insultant selon les pays, il y a des codes à comprendre et respecter, il faut savoir faire preuve de souplesse en somme, mais je trouve toujours exaltant d'observer ces cultures différentes.

 

3/ Même si vos collaborations avec l'industrie musicale sont nombreuses, votre travail ne se résume pas à cet univers. Est-ce un choix personnel ou bien est-il difficile dans votre métier de ne se "cantonner" qu'à un seul registre ?

Anthony : Je n'ai jamais eu à me plaindre lorsque je travaillais uniquement dans le milieu de la musique, extrême disons, mais j'ai une immense curiosité concernant beaucoup de choses, y compris les musiques plus populaires, ou le milieu du Sport, donc le jour où j'ai eu l'occasion de travailler avec Jean-Luc Lahaye j'ai sauté sur l'occasion, idem quand c'est pour une marque de vélo comme Anticyklone ou encore les Spartan Race. Jamais vous ne m'entenderez critiquer quelque chose ou quelqu'un pour qui je travaille, parce que je ne fais jamais ça uniquement pour l'argent mais parce que j'aime ça, alors oui c'est sûr que j'aime beaucoup de choses dans des univers parfois diamètralement opposés mais je reste toujours honnête vis-à-vis de mes convictions. Il ne s'agit pas d'être mainstream ou underground mais bien de faire ce qu'on aime sans avoir peur des regards extérieurs.
Lorsque j'ai pu être le réalisateur du DVD de Meshuggah "Ophidian Trek" je savais qu'avec un groupe de cette envergure j'allais m'attirer les foudres de beaucoup de gens, et ce quelque soit la qualité du travail que je pourrais faire dessus. Un groupe pourra passer 6 mois à travailler le son de caisse claire de l'album et il y aura toujours des gens pour dire c'est de la merde. Pourquoi il n'en irait pas de même avec mon travail ? Alors il faut savoir avancer sans essayer de satisfaire tout le monde, c'est aussi ça qui a fait que je me suis cantonné à un seul registre pendant des années, la peur de la critique. Il m'a fallu du temps pour faire mes propres choix sans appréhension.

 

4/ Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui souhaiteraient suivre votre exemple ?

Anthony : De toujours se faire plaisir, c'est la clé pour durer. Et de pas avoir peur de ce qui parait impossible, on n'imagine à quel point certains groupes sont accessibles.

 

5/ La "question à 2 balles...", une petite anecdote à nous raconter sur une photo ?

Anthony : photo du bassiste des Red Hot Chili Peppers est très spéciale pour moi, parce qu'avant d'être le bassiste de ce groupe mythique c'est surtout un mec qui a joué dans Las Vegas Parano, rappelez vous la scène tout aussi mythique du mec qui lèche la manche de Raoul Duke avec du LSD ! Alors être à quelques mètres de ce mec là, ça m'a fait tout drôle. Parce que photographier des musiciens comme les mecs des Red Hot c'est quelque chose c'est sûr ! Mais photographier un mec qui a joué dans un film que j'ai vu 1000 fois ça c'est vraiment, vraiment spécial !

 

 

Copyright Anthony Dubois

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