Suicide Silence - Suicide Silence

Voilà maintenant un peu plus de 4 ans que le regretté Mitch Lucker nous a quitté... Il a laissé derrière lui toute une famille, et le digne héritage d'un groupe qui avait encore bien des choses à dire. C'est à Eddie Hermida ( All Shall Perish ), que les musiciens ont décidé de faire confiance pour reprendre le flambeau. S'en est suivi un premier album, You Can't Stop Me, plus que prometteur. Près de 3 ans se sont écoulés depuis cette sortie, mais le groupe est de retour avec un nouvel album sobrement intitulé "Suicide Silence". Tour d'horizon...

 

C'est Doris qui ouvre le bal. Ce premier single n'a pas été sans faire parler de lui... A la surprise générale, on y découvre pour la première fois du chant clair. Une technique bien peu conventionnelle pour le groupe. Le morceau, bien qu'à l'opposé de ce que l'on pourrait attendre de Suicide Silence, reste efficace. Mais remettons les choses au clair... 

Depuis la sortie de ce single, la toile s'emporte d'une manière tout à fait anormale. Suicide Silence semble prêt à aller de l'avant et prendre de nouvelles décisions artistiques, et ces dernières sont loin de plaire à tout un chacun. Lorsqu'un groupe parvient à résumer l'essence même de sa musique de part son nom, alors c'est plus qu'un simple disque qu'il laisse entre nos mains, c'est une carte d'identité. Suicide Silence est prêt à tourner définitivement une page et commencer un nouveau chapître. Il y aura désormais un avant "Suicide Silence (album)" et un après. C'est de ce point de vue que le reste de cette chronique ce basera, car il n'est bien sûr pas envisageable de pouvoir comparer Green Monster ou Disengage à Doris...

 

Silence prend le relais. Là aussi, il s'agit d'un single et on sait donc à quoi s'attendre. Une alternance entre chant clair et scream torturé, sur un instrumental épuré et mélancolique. Le refrain laisse même échappé le souvenir de vieux titres de Korn ( de part le timbre de voix d'Eddie ). Le morceau offre une ambiance totalement différente du précédant, mais bien moins efficace. 

S'en suivent des titres face auxquels il est tout de même difficile de rester objectif. Listen, Dying In A Red Room, run, ... autant de chansons qui jettent tour à tour leur pelletée de terre sur les restes d'un Sucide Silence révolu. Les morceaux ne sont plus posés ou mélodiques, ils sont fades, plats.

Mais à des centaines de lieux de là, Hold Me Up Hold Me Down ravive l'espoir d'un retournement de situation. On y retrouve un Eddie un peu plus en forme, erraillé et agressif à souhait, bien que l'instrumental sonne toujours quelque peu edulcoloré. 

La fin de l'lalbum, bien qu'un peu au dessus du reste, ne laissera qu'un arrière goût amer avec son dernier titre Don't Be Careful You Might Hurt Yourself. C'est là sans doute le meilleur morceau de cet opus. Brutal à souhait, écrit à l'ancienne, il avait tant de perspectives à offrir mais ne servira, hélàs, qu'à nous sortir de la léthargie après une écoute soporifique...

 

 

Si l'on reproche à bien trop de groupes de tenir un genre et de ne plus en sortir, c'est bien la dernière chose que l'on pourrait déploré de Suicide Silence. Ce n'est pas un virage stylistique que nous propose le groupe mais un réel demi-tours qui risque de laisser bon nombre de personnes sur le bas côté en chemin. Si la critique est rude, l'accueil sera sûrement aussi chalereux de part le public qui saura écouter ce disque. Pour les autres, il ne reste plus qu'à ressasser le fantôme d'un accord étouffé trop tôt... Suicide Silence est mort, longue vie à Suicide Silence !

 

 

 

 

 

 

 

 

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