Sepultura - Machine Messiah

L'année débute à peine que Sepultura décide de nous gâter avec un nouvel album, ô combien attendu, Machine Messiah. Toujours menés par Dereck Green, les brésiliens sont de retour, déjà 4 ans après le dernier disque en date. Les mains sont moites à la vue du disque, Sepultura a-t-il définitivement tourné la page avec ce qui a fait son succès?

 

 

Machine Messiah s’enclenche. L'intro est mélodique et augure bien du changement pour la suite. La voix inhabituellement posée rappelle sans détours un certain Rob Flynn. On ne manquera pas de retrouver ces influences dans des morceaux tels que le single Phantom Self ( sans grand relief et quelque peu dénué d'inspiration).

I am The Enemy est le véritable point de départ de ce nouveau disque. Son instrumental agressif se détache du lot et sonne familier. Cependant, la voix semble plus en difficulté que de coutumes, tout comme surIceberg Dances. Le retour de la batterie « made in sepultura » ne contrebalance pas le poids face à ces riffs, certes travaillés, mais pas suffisamment percutants. L'instrumental se laisse pourtant écouter pour sa précision et sa mélodie, mais devient vite répétitif.

 

Sworm Oath, de part son intro rappelle l'atmosphère progressive planante à mille lieux du Brésil de groupes tels que Ne Obliviscaris, avant d'ouvrir la voie à une épopée presque théâtrale, mais au ralenti, basculant abruptement sur des riffs à nouveau thrash, et une voix à nouveau « flynnesque ». L'ensemble manque de cohésion et de franchise.

 

Bien heureusement la fin de Machine Messiah se veut plus conventionnelle et fonctionne mieux. Resistant Parasite est le morceau qui se rapproche le plus de l'énergie élémentaire du combo alors que Silent Violence s'inscrit dans la même lignée et met un point d'honneur à remonter le niveau de l'album.

 

Difficile de se renouveler et d'expérimenter lorsque l'on traîne un patrimoine musical tel que celui de Sepultura. On le sait d'avance, on ne pourra pas convaincre tout le monde, et la moindre sortie de route est un risque dont les conséquences peuvent être désastreuses. Machine Messiah trouvera sûrement son publique mais ne manquera pas d'effrayer bon nombre des habitués, des fans de la grande époque, et de coller un coup de vieux aux monstres sacrés brésiliens. Seul l'avenir nous dira si cet album avait vraiment sa place dans la discographie de Sepultura, ou si le groupe aurait besoin d'un retour aux Roots...

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