Of Mice & Men - Cold World

Vous avez dit nouveau ?

Septembre a été et sera encore dans les jours à venir, un mois riche en sorties d'album. Loin des nouveaux monstres sacrés tant attendus ( tels qu' Airbourne ou encore In Flames et Insomnium ), se terre un groupe qui grandit. Of Mice & Men, quintet californien, arrose ses adeptes d'un metalcore virulent, depuis maintenant 6 ans. Cold World, 5è album du jeune escadron, a vu le jour cette semaine, un an seulement après son prédécesseur.

 

 

A travers ce nouvel opus, Of Mice and Men nous emporte à la découverte d'un monde glacial que l'on peut d'ors et déjà toucher du doigts rien qu'en effleurant la pochette et ses corps de pierre figés. Le bouton lecture enclenché, c'est près de 45 minutes d'un sombre voyage qui s’amorce.

L'obscurité et la froideur sont les vautours d'un crime qui ronge l'humanité depuis ses fondements : la guerre. Ainsi, Game of War nous prend la main et nous fait traverser un champ de bataille aux teintes sépia, où le temps s'égraine plus lentement que d'ordinaire. Les balles nous frôlent sans conviction, les troupes s'avancent au rythme de la basse, et notre interlocuteur tourmenté nous comte ses impressions en regardant ses frères tomber un à un sous le son d'un tambours militaire.

Austin et sa bande allonge la liste des vices de l'homme avec le titre Lies. La transition d'un univers à l'autre se fait en douceur avec une intro au synthé bientôt reprise par les guitares saturées et une batterie cyclique. Le titre surfe sur la vague des succès actuels, tantôt influencés par leurs aînés hardcore de Hatebreed ( avec un rythme et un crescendo vocale bien inspiré ), tantôt par leurs divers homologues modernes.

Sans comprendre pourquoi ni comment, nous voilà propulsé au titre suivant, Real, qui prend le même chemin que ses comparses. Une intro mélodique, calme, qui débouchera bientôt sur un refrain rock « gentillet » quelque peu dépourvu d'intérêt. Like A Ghost n'apportera pas plus grande contribution et n'offre rien de plus à noter, à l'exception de couplets hybrides, nés de la fusion de Linkin Park et Korn. Un mélange dont on se serait somme toute passé. The Hunger se voit affublé d'une intro mielleuse peu racoleuse, et malgré une volonté indéniable, traîne encore cet arrière goût de déjà vu ailleurs. Relentless pour sa part, s'offre une excursion hors des sentiers battus et se permet des couplets plus éloignés de leur fil conducteur habituel. Malheureusement pour le titre, les choeurs enfantins laissent filtrer le fantôme d'un récent Bring Me The Horizon alors que les « Now You're Gonna Take It » crachés à la face du public appellent à la résurrection d'un ancien Papa Roach.Allant de mal en pis, Down The Road se raccroche au wagon des indésirables.

 

 

Tout n'est pas à jeter. Prenez par exemple Contagious. Contagious entreprend. Si il ne retiendra pas l'attention de tout le monde à cause de son côté « décousu » et « four-tout » , le groupe parvient à en faire sa force. Prenant l'allure d'un véritable CV, le titre puise au fin fond de ses compétences, épluche chaque registre et ne laisse place à aucune structure et aucun cheminement attendu.

Parmi les autres titres forts de cet album se cache « - ». Ce n'est pas un morceau à part entière, mais un interlude qui nous renvoient au prémices de l'album, comme un flash back du champ de bataille. Son riff étouffé, obscurci même, résonne comme le tir lointain d'une arme lourde. Pain s'inscrira aussi au panthéon des incontournables de Cold World de par sa force et sa violence.

« + », jumeau bienveillant de l'interlude cité plus haut, vient calmer les nerfs et apaiser les rancœurs. Dans un élan symphonique, ce dernier entracte sonne la fin du combat. La victoire ? Nul ne le sait, mais toute fois le répits.

 

Si vous êtes avides de ses petits sachets odorants que l'on appelle Pot Pourri, alors vous apprécierez cet album en lequel vous verrez sûrement une bibliothèque faite de perspectives et d'horizons à explorer. Si vous êtes écolos, vous apprécierez également le recyclage de riffs et de refrains qui parsèment l'enregistrement. Mais si vous n'êtes rien de tout ça, cet album n'est résolument pas pour vous. Avec Cold World, Of Mice And Men tente d'accrocher un public qui est déjà le sien, mais ne laisse que très peu de place à cette créativité dont ils ont déjà usé par le passé.

Ajouter un commentaire

 
×