North Hammer - Stormcaller

Il y a une semaine sortait Stormcaller, le premier album du one man band canadien, North Hammer...

 

Faisons d'abord un petit point sur North Hammer. Comme cité plus haut, il s'agit de ce que l'on appelle un "One Man Band", c'est à dire un groupe à musicien unique. Ici la seule différence est que l'on retrouve comme prévu notre musicien (Andrew James, aux guitares, à la basse, au chant et à l'orchestration), mais exceptionnellement Doug Helcaraxe Nunez en "guest" à la batterie. 

North Hammer c'est donc un groupe canadien officiant dans un style orienté death metal mélodique (dans la lignée de groupes tels que Wintersun, Ensiferum ou encore plus communément Amon Amarth) aux influences folk. Voilà pour les présentations, mais maintenant la question est "qu'est-ce que cela donne en musique?". 

 

Avatar est le premier titre à nous mettre sur la voix avec une intro faite de choeurs et d'instruments acoustiques aux accents épiques et à la mélodie redondante et vertigineuse comme la neige qui s'abat en raffales sur le personnage principal de l'histoire. Dès ce premier morceau on ne peut que noter l'utilisation subtile d'éléments typiquements folk (tels que l'acoustique cité juste avant, présent dans l'introduction et un peu plus tard dans le titre) et placés avec une précision chrirurgicale juste avant un solo/break instrumental monstrueux, de sorte à focaliser l'auditoire sur la technicité des deux musiciens. 

Wanderer s'ouvre de la même manière que son prédécesseur et ses premières notes ne peuvent que rappeler leurs homologues allemands d'Ensiferum. Ce deuxième titre appuie de manière incontestable l'une des plus grandes forces de North Hammer: la composition de l'instrumental. En effet, le canadien n'a nul besoin de paroles pour mener son odyssée et excelle dans l'art de raconter des histoires sans mots. Ici les guitares roulantes et la batterie saccadée sauront sans difficultés mimer le périeux voyage d'un drakar malmené par les flots. 

Difficile pour les plus septiques de mettre ça sur le compte de notre imagination à l'écoute du titre suivant: Written In The Stars. L'intro se veut guerrière et encore une fois, c'est l'instrumental qui placera le décors avec une batterie façon tambours de guerre et une voix doublée d'échos comme des cris qui résonnent dans cet univers violent. Les couplets suivants ne manqueront pas d'asseoir la scénographie avec l'utilisation de répétitions des paroles de manière martiale, comme une troupe qui avancerait vers l'ennemi. 

Magic Mead pourrait être la suite du combat enclanché mais avec un point de vue recentré sur le champ de bataille, ce qui en fait l'un des morceaux les plus violents de l'album. S'en suivent les titres Tip Of The Spear (dont le premier couplet scandé et non chanté apporte une variante vocale captivante) et A Soldier's Song (où la répétition du terme "warrior" créé une rythmique intéressante). Seulement voilà... Il arrive un moment où tout ne peut pas être parfait et nous y sommes! Nous venons d'aborder un quatrième titre dont la thématique est "une bataille victorieuse". Si l'approche musicale change d'un morceau à l'autre (bien que mis à part les éléments cités on ne soit face qu'à très peu de surprises) l'angle lui reste le même, celui d'un registre surexploité. 

Puis vient une pause instrumentale avec l'excellent Black Forest Rain qui laisse deux minutes onze à l'auditeur pour savourer pleinement l'étendue des capacités du duo avant de repartir de plus belle à la conquête des océans.

Si les choses finissaient telles qu'elles, on pourrait presque pardonner à Andrew James la redondance de ses histoires et citer l'album comme étant l'un des plus travaillés, des plus aboutis et des plus sophistiqués de ces dernières années (oui, rien que ça!). Mais c'était sans compter sur la bataille finale "Lion's Winter" qui vient clôturer l'album sur un énième tableau de guerre. 

 

Au final c'est bien chercher la petite bête que d'aller jusqu'à reprocher à un groupe de trop souvent aborder les mêmes sujets. Mais vous admettrez facilement que si l'on est rendu chercher si loin, c'est qu'il n'y a rien à redire sur le reste! Stormcaller est un album exceptionnel et représente un travail colossal, c'est l'aboutissement d'une recherche musicale intense et complexe, nous dirons juste qu'il est un chouilla dommage (lorsque l'on est capable d'un tel renouvelement instrumental) de limiter les récits à des scènes de bataille, surtout lorsque l'on pioche dans un univers aussi vaste que celui de la mythologie nordique! 

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