Godless Enthropia - Tetracyclic Dominion

Formé en 2012 en Italie, le quintet Godless Enthropia a dévoilé le 28 avril dernier son premier album Tetracyclic Dominion, succédant ainsi à un premier EP parût en 2013. Le groupe a choisi de sortir ce disque à l'étiquette death metal "hybride" via Symbol Of Domination Prod et Hecatombe Records...

C'est en anglais que Godless Enthropia a décidé de chanter sur cette production aux quatorzes titres. Un disque donc conséquent que l'on pourrait pratiquement classer dans l'étroite convenance du "concept album" tant les thèmes abordés sont redondants. C'est sur une base de psychologie désordonnée, perturbée et perturbante que le groupe évolue au travers de titres au lexique tranché: Into The Asylum, Witch Burning Princess, Unpredictable Dementia, Dysphemic Phaenomenons, Third Eye Cauterized ou encore Cause Of Disease (Sprout Of New Hate) pour ne citer qu'eux. 

Cependant, si l'album semble s'accorder sur une seule et même vision, les titres qui le composent semblent, eux, se dissocier en deux parties aux antipodes. 

Des premiers titres on retiendra surtout une voix forte qui soutient avec brio une batterie brutale et quelques solos sympahtiques. Mais au délà de la découverte, une certaine linéarité ne tarde pas à se mettre en place... Mother Of Cain est l'illustration parfaite de ce sentiment. Le titre est intéressant mais les guitares semblent dissonner du reste de l'instrumental (contrairement à Into The Asylum dont la rythmique s'accorde parfaitement au thème du moceau et crée des fluctuations particulièrement sympathiques). L'écart entre les titres est très marqué et nous plonge dans une forme de doute quant à l'impression que nous laisse cette première partie du disque. 

Dysphemic Phaenomenons offre une pause à mi-album en parfaite harmonie avec l'atmosphère ambiante, son piano résonne comme un écho instable et inquiétant... De quoi souffler, effacer les hésitations que nous ont laissé les premiers titres, et se préparer psychologiquement à la claque que va apporter la seconde moitié de l'album...

La deuxième partie de l'album commence avec le titre Third Eye, Cauterized où la voix sort de sa zone de confort et semble enfin trouver un équilibre avec l'instrumental (qui pour sa part se fait lourd et plus cohérent). Ici et là se dispersent quelques brèves mises en avant de la basse (Third Eye, Adynation The Height Of Eidos), le reste des instruments explorent des univers plus vastes et donnent tout son sens au nom "hybride" qui qualifie leur style. Le chant n'est pas en reste non plus et  se découvre d'avantage de titres en titres avec des passages au rythme soutenu et cassant (Adynation, Palace Of Fornication -titre le plus "death" de l'album- ou encore Cause Of Disease et son excellente intro). Solescism I (en collaboration avec Lord Jotun) sort du lot encore plus que les autres et -à l'aide de la voix claire du guest- permet d'explorer une autre facette des italiens, pas une facette arrangée pour le duo, mais bel et bien quelque chose qui leur correspond. L'alliance de la voix tantôt claire et tantôt criarde de l'invité se mêle avec aisance et complémentarité aux growl du leader italien. Revenons également sur Adynation, dont l'intro est sans aucun doute l'une des meilleures de l'album avec ce chant calé sur les guitares vertigineuses à en manquer d'oxygène. 

Enfin The Height Of Eidos vient clôturer Tetracyclic Dominion de façon très intelligente, les cassures rythmiques et vocales amorçent la descente vers le silence avant un revirement de situation qui donnera naissance au solo le plus virulent de la production, avant l'apothéose finale sur sons électroniques. 

 

Tu l'auras compris, le disque vaut le détours! Si les prémices laissent un arrière goût amer, la seconde partie de l'album quant à elle est la digne représentante de tout le travail fourni par le quintet. Entre les thèmes abordés, les influences panachées et l'exploration vocale des morceaux, il y a forcément un détails qui retiendra ton attention alors on ne t'en dis pas plus, mais fonce l'écouter!

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