Eths - Ankaa

Eths un jour, Eths toujours...

Fondé en 1999 à Marseille, Eths est un nom que l'on connaît tous. Même si les phocéens ne sont pas des plus productifs ( comptez 4 albums studio en 17 ans ), nul n'a pu échapper à ce phénomène, et à ses divers changements. Et justement, le changement ( côté line up avec le départ au chant de Candice Clot et l'arrivée de Rachel Aspe ), est le facteur qui, je l'avoue, m'a fait redouter l'instant de cette chronique. Quelque peu déçue de la relève, je ne savais pas comment rester objective face à un nouvel album... Mais nous allons essayer !

 

Ankaa s'ouvre sur le titre Nefas. L'instrumental qui s'offre à nous, nous replonge quinze ans en arrière, aux fondements même du groupe. Des premières notes angoissantes, une ambiance crade, sombre, malsaine, un piano maladif... Puis une explosion de brutalité, on pourrait presque même parler de bestialité. Chaque élément y est, entre riffs poignants, growl caverneux et murmures inquiétants, quasi religieux.

Très ressemblant, Nihil Sine Causa prend la relève. Seuls les accents orientaux des vocalises de Sarah Layssac ( Arkan ) et les incursions de Jon Howard ( Threat Signal ) différencient les deux pistes. 

 

Amaterasu, troisième morceau de cet album, bien qu'extrêmement bien ficelé et efficace, fait partie de ces titres que l'on a l'impression d'avoir déjà entendu sur l'album précédent, et ne laissera planer en nous que le souvenir de la puissance du panel vocal de Candice. De même pour les titres Vae Victis, Kumari Kandam et Alnilam, qui manquent d'énergie et laissent en bouche cet arrière goût amer de déjà vu. 

En revanche, L'excellent Seiditio, s'il joue sur des codes bien connus, ne manque pas de surprendre. Dans un registre plus classique, ce titre aux ambiances variantes fait la part belle aux différentes facettes vocales de la jeune Rachel, lui permettant de révéler l'intégralité de ses capacités et se détacher progressivement du fantôme de sa prédécesseure, qui lui colle à la peau. Au même titre que Seiditio, Nixi Dii s'incrit parmi les titres forts de l'opus, mettant cette fois-ci l'accent sur un instrumental incisif et instable. Tantôt fragile, presque timide, tantôt venimeux, il ne suffit que d'une note pour faire basculer l'atmosphère et réveiller la bête à six cordes. 

Sekhet Aaru, morceau pratiquement instrumental si l'on écarte les vocales de Rachel, offre une pause bien méritée à notre écoute, planante et aérienne. 

 

 

Si vous aimez Eths, alors vous aimerez Ankaa. Rien n'est à jeter tant en qualité instrumentale que vocale. Aucun titre ne s'aventure trop loin dans un genre incongru, rien en trop. Mais n'est-ce pas là le principal soucis également ? Eths fait du Eths. Que ce soit avec Candice, ou Rachel. L'arrivée de la talentueuse chanteuse n'aurait-elle pas pu être également l'élément déclancheur d'un virage ( mérité ? ) dans la carrière du groupe ? L'avenir nous le dira sûrement...

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