Blackrain - Released

Vers de nouveaux horizons ?

Fraîchement sorti, Released, 5è album studio des french rocker de Blackrain, faisait de l’œil à la grande fan que je suis. C'est donc tout simplement avec un sourire jusqu'aux oreilles que j'ai lancé la lecture de mon disque, salivant d'avance de pouvoir t'en parler...

 

 

Le sourire jusqu'aux oreilles certes, mais un sourire crispé, tendu, et quelque peu inquiet tout de même. C'est sur des titres déjà présentés au public que l'album s'ouvre, Back In Town, Mind Control, Killing Me ou encore Run Tiger Run.

 

Back In Town sonne familièrement. La patte Blackrain s'impose dès les premières secondes avec ses riffs entraînants et énergiques, thrash à souhait et d'une agressivité peu connue au groupe. Sans oublier la voix si particulière de son leader et les back vocals à chaque refrain. Aspirés dans le tout premier solo vertigineux de cet opus, on peine à voir le morceau filer. Nul ne peut s'empêcher de continuer à scander les paroles pour meubler le silence jusqu'à la piste suivante...

 

La suivante d'ailleurs, s'appelle Mind Control et fait partie des titres qui ne retiendront pas notre attention. Si l'intro « groove », son riff, en revanche, rappelle vaguement The Who ( avec leur célèbre Won't Get fooled Again ), et le reste de la chanson n'a rien de bien plus original entre refrains préconçus et paroles répétitives.

 

Le sourire est peu à peu gommé, mais ce n'est que le début... Killing Me démarre.

S'ouvre une power ballade dans un registre que l'on croyait mort et enterré depuis les années 80. Tout l'attirail kitch et -soyons francs- ringard, y est. Des paroles peu profondes sur une musique vue et revue ( entendue et ré-entendue  plutôt, non ? ). Une ligne mélodique vieillotte qui vient soutenir une voix monocorde...

C'est ce titre qui marquera le début d'une longue descente aux enfers, slalomant entre platitude et déjà vu. Ce n'est ni Run Tiger Run, ni Words Ain't Enough et encore moins Home qui remonteront le niveau. A chaque titre revient le même sentiment d'insatiabilité. On en veut encore, mais on en veut plus ! Il manque à chaque refrain, à chaque pont, ce petit déclic qui dit « ça va être fou ». L'énergie est en berne d'un morceau à un autre.

 

Tout n'est heureusement pas à jeter sur ce disque, oh combien travaillé. Pour la deuxième fois consécutive, la touche « Jack Douglas » apporte une propreté et un fini irréprochable au son. On ne peut également que souligner la progression permanente du groupe sur le plan technique. Les riffs, certes moins percutants, sont pour la plupart recherchés. La présence de solos est renforcée. Le travail d'ambiance sur chaque intro est également un point important du disque, même si la machine s’essouffle au premier couplet. Mais par dessus tout, le groupe prend des libertés et ose le changement ( on reproche bien trop souvent à nos chers artistes de ne jamais sortir des sentiers battus.. ).

 

Quelques titres, rassurez-vous, sortent du lot. Puppet On A String sent bon l'été avec son refrain engageant et ses riffs empruntés au hard rock australien. Eat You Alive et son ambiance Freak Show, sombre, glauque, maladive. Fade To Black, qui explore des facettes inconnues du groupe, met la lumière sur les capacités vocales ( indéniables ) de Swan, et dont l'intro file la chair de poule.

 

Avis partagé au final, pour un album mi figue, mi raisin. Si c'est pour moi une réelle déception ( manque d'énergie, choix de la facilité, répétitivité ), on ne peut quand même pas cracher totalement sur ce dernier Blackrain, libéré de l'ancienne étiquette qu'on leur collait. Rien à redire sur le côté « technique » d'un disque qui saura sûrement trouver son public. L'avenir nous en dira plus sur cette nouvelle direction...

 

 

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