Avenged Sevenfold - The Stage

Retour vers le futur

Il y a quelques jours, les américains d'Avenged Sevenfold sortaient leur (déjà) 8è album studio. Le moins que l'on puisse dire, c'est que The Stage ( tel est son nom ) a fait parler de lui, avec une promotion peu conventionnelle... En effet, la sortie de The Stage a été annoncée seulement 2 jours avant le jour J, après un concert donné en direct sur facebook.

 

 

La grande nouveauté apportée par cet opus réside dans sa conception. The Stage, considéré par le groupe comme étant le plus abouti de tous leurs disques, est ce que l'on peut qualifier d'album « concept », entièrement basé sur les technologies futuristes et la robotique.

 

Le premier morceau à ouvrir le bal est le single éponyme. L'arrivée de Brooks Wackerman à la batterie se fait remarquer dès les premiers instants et l'on se laisse facilement emporter dans ce morceau qui -admettons le- ne change pas vraiment mais promet de belles rencontres. C'est ici que ce nouveau chapitre commence, et le décors est planté: l'histoire et ses horreurs se répètent inlassablement sous les yeux d'un public qui en redemande, jusqu'à ce que quelqu'un ouvre les yeux sur sa propre situation. Si le sujet porte à la réflexion, la musique, elle, suit son cours sans grande surprise, toujours aussi pointue, mais belle et bien fidèle à elle-même.

Puis c'est au tours de Paradigm. Avenged Sevenfold se détache de son humanité ( au profit de la robotique ), et de sa quiétude... Le riff d'intro augure un flash back puissance 10 sur les premières heures du groupe, et si le couplet sème le doute, le refrain assène le coup fatal et nous replonge en arrière... Dynamique, vif, agressif.

Malheureusement, à quelques exceptions près, toute la puissance de l'album est déjà dernière nous. Outre un refrain vertigineux et quelques cuivres intéressants, Sunny Disposition laisse un goût amer de « pas assez ».

Le titre suivant est l'exemple même de ces « quelques exceptions ». God Damn est tout ce qu'on veut qu'il soit : travaillé, accrocheur, marteau-piqueur brutal et pointilleux.

 

Creating God est l'opposition totale de God Damn. A chaque album son morceau « calme » avec Avenged Sevenfold, mais celui-ci ne transporte pas autant que souhaité. Même si le groupe s'y est sans doute donné corps et âmes, quelque chose freine l'entrain. Le morceau ne décolle pas, mais ne se pose pas réellement non plus. Le refrain respire le réchauffé à plein nez. Et le solo de Synyster ( comme sur bon nombres de passages en réalité ) semble butter dans les limites que le concept lui impose, sans jamais prendre de risques.

Angels, bien qu'appréciable, traîne derrière lui les mêmes gamelles que son prédécesseur. Pourtant le titre avait tout pour devenir un de ces hymnes déchirants qui font la patte du groupe ( Victims, Dear God, … ). Tout y était : la voix fait vibrer, la rythmique coule de source, mais le schéma se répète inlassablement, trop précis, trop carré, trop prévisible, trop répétitif... Simulation ne relèvera pas le niveau et embourbe un peu plus l'album dans sa trop grande platitude, à l'instar d'Higher, Roman Sky ou encore Fermi Paradoxi.

 

Exist tire son épingle du jeu à la dernière minute ( ou du moins aux 15 dernières minutes ), et M.Shadows et sa bande vident leur sac. L'énergie tant attendue, non contrôlée, moins surjouée, frappe enfin ! Il aura fallut attendre la dernière chanson pour que le groupe exploite enfin le filon qu'ils ont survolé durant 10 titres. Enfin les prouesses de Synyster sont libres de suivre leurs volontés et de s'allier au jeu puissant de Brooks. Z. Vengeance et J. Christ ( non pas celui-là ) apportent une base solide à l'édifice et le quart d'heure passe à une vitesse incroyable. Exist est une véritable odyssée et clôture The Stage Avec Brio.

 

 

Avenged Sevenfold nous a prévenu, il nous faudra du temps pour appréhender et apprécier The Stage. Le temps sera-t-il suffisant ? Après quelques écoute, c'est autant de points positifs que d'ombres au tableau. L'album est en demi-teinte : complexe mais plat, novateur mais classique, entraînant mais ennuyant... Il est presque impossible de poser un jugement sur ce disque et nous vous souhaitons bon courage si vous vous sentez prêt à trancher...

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